Types de sociétés à Dubaï : mainland, zone franche et offshore

Comprendre les types de sociétés à Dubaï est la première étape avant de se lancer, car la forme choisie détermine votre marché, votre responsabilité et vos obligations. On distingue trois grandes familles : le mainland (onshore), la zone franche et l’offshore. Ce guide passe en revue chaque structure juridique pour vous aider à y voir clair avant de créer une entreprise à Dubaï.

Tours de bureaux du quartier d'affaires de Dubaï au coucher du soleil

Forme juridique et régime fiscal : deux notions à ne pas confondre

Avant d’entrer dans le détail des structures, il faut lever une confusion fréquente. La forme juridique (mainland, zone franche, offshore, succursale, etc.) décrit la nature de l’entité, son statut et son périmètre d’activité. Le régime fiscal, lui, décrit la manière dont ses bénéfices sont imposés.

Le régime QFZP (Qualifying Free Zone Person), qui permet un taux de 0 % sur le revenu qualifiant et 9 % sur le reste, n’est donc pas une forme de société : c’est un régime auquel certaines sociétés de zone franche peuvent être éligibles si elles remplissent des conditions de substance. Pour approfondir ce point, consultez notre page dédiée à la fiscalité des entreprises à Dubaï. Dans cet article, nous parlons uniquement de formes juridiques : une même forme peut relever de régimes différents, et c’est bien la structure, pas le taux d’impôt, qui définit d’abord votre projet.

Le mainland : la société onshore pour le marché local

La société mainland, aussi appelée onshore, est celle qui vous ouvre le marché intérieur des Émirats. La forme la plus courante est la LLC (Limited Liability Company), une société à responsabilité limitée dont l’activité peut s’exercer partout dans les EAU comme à l’international.

C’est le grand changement des dernières années : depuis 2021, la détention à 100 % par des étrangers est possible pour la plupart des activités. Le Federal Decree-Law 26/2020, puis la Commercial Companies Law (Decree-Law 32/2021), ont supprimé l’obligation d’un sponsor local détenant 51 % du capital. Cette règle du sponsor ne subsiste que pour quelques secteurs jugés « stratégiques » (au nombre de sept environ, comme certaines activités liées à la sécurité).

Le mainland convient donc aux entrepreneurs qui veulent vendre directement aux consommateurs et aux entreprises situés aux Émirats : commerce de détail, restauration, services aux particuliers, contrats avec des administrations locales. En contrepartie, l’enregistrement de société passe par le Department of Economic Development de l’émirat et impose souvent une adresse commerciale physique.

Les types de sociétés à Dubaï en zone franche

La société de zone franche (Free Zone) est sans doute la structure la plus connue des entrepreneurs français. Dubaï compte de nombreuses zones franches spécialisées (technologie, médias, santé, commerce, logistique), chacune avec sa propre autorité d’enregistrement.

Son principe : l’activité s’exerce à l’intérieur de la zone et à l’international, avec une liberté de propriété étrangère totale (100 %). Le revers de la médaille est important à connaître : une société de zone franche ne peut pas vendre directement sur le mainland sans passer par un distributeur ou une agence agréée. Elle vise donc plutôt un marché international qu’un marché local.

Deux formes principales existent selon le nombre d’actionnaires :

  • FZE (Free Zone Establishment) : un seul actionnaire.
  • FZCO ou FZ-LLC (Free Zone Company) : deux actionnaires ou plus.

C’est cette catégorie de sociétés qui peut prétendre au régime QFZP évoqué plus haut. Beaucoup de zones franches proposent aussi des licences dites freelance, adaptées aux consultants et travailleurs indépendants qui souhaitent une structure légère et un visa de résidence sans monter une société complète.

Entrepreneurs dans une zone franche d'affaires à Dubaï

L’offshore au sens strict : JAFZA Offshore

Le terme « offshore » est souvent employé de manière abusive. À Dubaï, l’offshore au sens strict désigne la société JAFZA Offshore, gérée par l’autorité de la Jebel Ali Free Zone.

Il ne faut pas la confondre avec RAK ICC (RAK International Corporate Centre), qui relève d’un autre émirat, Ras Al Khaimah, et non de Dubaï. Ce sont deux régimes distincts.

Les caractéristiques d’une société JAFZA Offshore sont précises :

  • Aucune activité commerciale possible à l’intérieur des EAU : elle sert de holding, de véhicule de détention d’actifs ou de commerce international.
  • Détention à 100 % par des étrangers.
  • Recours obligatoire à un agent agréé pour la constituer.
  • Un actionnaire minimum et pas de capital minimum exigé.
  • Particularité notable : c’est le seul offshore des Émirats qui peut détenir de l’immobilier en freehold à Dubaï.

Sur le plan de la confidentialité, il faut rester précis : le registre des actionnaires n’est pas public. Cela ne signifie pas anonymat. Comme toutes les entités des EAU, la société déclare ses bénéficiaires effectifs (UBO) au registraire, en application de la Cabinet Decision 58/2020. Ce registre UBO n’est pas consultable par le public, mais il est transmis aux autorités compétentes.

Les autres structures juridiques à connaître

Au-delà des trois grandes familles, plusieurs formes répondent à des besoins spécifiques.

La succursale (branch) est le prolongement d’une société mère étrangère : elle appartient à 100 % au parent, n’est pas une entité juridique distincte (la maison mère reste responsable de ses engagements) et n’a pas de capital propre. C’est une option pour une entreprise déjà établie à l’étranger qui veut une présence aux Émirats.

L’établissement individuel (sole establishment) est une structure à une seule personne, détenue à 100 %. Attention : la responsabilité y est personnelle et illimitée, et il n’y a pas de capital minimum. La société civile (civil company) réunit quant à elle deux professionnels licenciés ou plus dans les métiers de services (médecins, ingénieurs, avocats, consultants).

Pour les projets de plus grande envergure, deux formes par actions existent. La PrJSC (Private Joint Stock Company) est une société non cotée réunissant au moins deux actionnaires, avec un capital minimum de l’ordre de 5 M AED. La PJSC (Public Joint Stock Company) est cotable en bourse, requiert au moins cinq fondateurs et un capital minimum d’environ 30 M AED ; elle est régulée par la SCA (Securities and Commodities Authority).

Le DIFC : un environnement de common law à part

Le DIFC (Dubai International Financial Centre) constitue un cas à part, qui mérite qu’on s’y attarde. Ses entités opèrent dans le centre financier et à l’international, mais une licence séparée reste nécessaire pour exercer sur le mainland. Elles sont détenues à 100 % par des étrangers et, particularité majeure, relèvent de la common law plutôt que du droit civil des EAU, sous la supervision du régulateur DFSA (Dubai Financial Services Authority).

Cet environnement de droit anglo-saxon met à disposition plusieurs formes juridiques. La Private Company Ltd accueille de 1 à 50 actionnaires et convient à la plupart des projets. La PLC vise les structures plus larges, la branch permet d’y rattacher une société existante, la LLP répond aux associations de professionnels, et la Foundation sert d’outil de structuration patrimoniale. En pratique, le DIFC attire les activités de holding, de gestion de patrimoine et de finance, ainsi que les entrepreneurs qui recherchent la sécurité juridique d’un cadre de common law reconnu à l’international.

Forme juridique, visas de résidence et domiciliation

Le choix de la forme a une conséquence directe souvent sous-estimée : les visas de résidence. Le nombre de visas qu’une société peut demander n’est pas fixe : il dépend du type d’activité et, surtout, de l’espace loué. Une société installée dans un bureau physique dispose d’un quota plus large qu’une structure logée dans un simple flexi-desk (poste de travail partagé), qui donne généralement droit à un nombre plus restreint de visas.

La domiciliation est donc un paramètre stratégique et non une simple formalité. En zone franche, un package flexi-desk suffit pour démarrer une activité de services et obtenir quelques visas, tandis qu’un projet qui recrute doit prévoir un vrai bureau. Sur le mainland, l’adresse commerciale physique est le plus souvent requise, et la surface louée conditionne là aussi la capacité à faire venir associés et salariés. Anticiper ce lien entre local, activité et quota de visas évite de choisir une structure trop étroite pour ses ambitions.

Tableau comparatif des formes de sociétés à Dubaï

FormePropriété étrangèreMarché autoriséActionnairesPoint clé
Mainland LLC (onshore)100 % possible depuis 2021EAU et international1 ou plusSponsor local supprimé sauf 7 secteurs stratégiques
Zone franche FZE100 %Zone et international1Pas de vente directe sur le mainland sans distributeur
Zone franche FZCO / FZ-LLC100 %Zone et international2 ou plusÉligible au régime QFZP
Offshore JAFZA100 %International uniquement1 ou plusHolding et immobilier freehold ; agent agréé obligatoire
Succursale100 % du parentSelon licenceParent uniquePas d’entité distincte, parent responsable
Établissement individuel100 %Selon licence1Responsabilité personnelle illimitée
Société civile100 %Services2 ou plusRéservée aux professionnels licenciés
PrJSC100 %EAU et international2 ou plusCapital minimum ordre de 5 M AED
PJSC100 %EAU et international5 ou plusCotable ; capital minimum ordre de 30 M AED

Note : les seuils de capital des PJSC et PrJSC ainsi que les plafonds d’actionnaires sont donnés à titre d’ordre de grandeur, issus de synthèses de la Commercial Companies Law 32/2021. Pour un usage juridique, il convient de les confirmer sur le texte officiel.

Quelle forme choisir selon votre projet

Le choix ne se résume pas à la fiscalité : il croise quatre critères, l’activité, le marché visé, le besoin de visas et le budget. Commencez par le marché. Si vous voulez vendre directement à des clients situés aux Émirats, ou répondre à des marchés publics et à des contrats avec des administrations locales, le mainland s’impose, puisqu’il est le seul à donner cet accès au marché intérieur.

Si votre activité est internationale ou tournée vers l’export de services, la zone franche est souvent plus adaptée : détention à 100 %, procédures rapides, packages de domiciliation flexibles et éligibilité possible au régime QFZP. Rappelons-le une dernière fois, le QFZP est un régime fiscal, pas une forme : la zone franche est la structure, le 0 % sur revenu qualifiant en est un avantage conditionnel, soumis à des exigences de substance.

Si votre besoin est purement patrimonial, tenir des actifs, structurer une holding ou détenir de l’immobilier freehold à Dubaï, l’offshore JAFZA répond à ce cas précis, à condition d’accepter l’absence d’activité commerciale dans les EAU. Le DIFC, enfin, convient aux montages de holding, de gestion de patrimoine ou de finance qui recherchent la sécurité de la common law. Croisez toujours ces choix avec le nombre de visas dont vous aurez besoin, car il conditionne la domiciliation et donc le budget.

Vient ensuite la question de la substance : les autorités et l’administration fiscale attendent qu’une société ait une réalité économique effective (locaux, personnel, décisions prises localement), notamment pour bénéficier de régimes avantageux. Une coquille vide expose à des redressements.

Les coûts de création varient fortement d’une zone à l’autre et selon le type de licence, sans qu’on puisse donner de montant universel : chaque autorité applique ses propres grilles. Il faut aussi anticiper les visas de résidence, souvent liés au nombre de licences et à la taille des locaux, ainsi que l’ouverture d’un compte : c’est une étape à préparer en amont, que nous détaillons dans notre guide pour ouvrir un compte bancaire professionnel à Dubaï.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une société mainland et une société de zone franche à Dubaï ?

La société mainland (onshore) peut vendre directement sur le marché intérieur des EAU et à l’international. La société de zone franche opère dans sa zone et à l’international, mais ne peut pas vendre directement sur le mainland sans passer par un distributeur agréé. Depuis 2021, les deux peuvent être détenues à 100 % par des étrangers pour la plupart des activités.

Le régime 0 % (QFZP) est-il une forme de société ?

Non. Le QFZP (Qualifying Free Zone Person) est un régime fiscal, pas une forme juridique. Il permet à certaines sociétés de zone franche, sous conditions de substance, un taux de 0 % sur le revenu qualifiant et 9 % sur le reste. La forme juridique (zone franche, mainland, offshore) et le régime fiscal sont deux notions distinctes.

Combien de visas une société peut-elle obtenir à Dubaï ?

Le nombre de visas de résidence n’est pas fixe : il dépend du type d’activité et surtout de l’espace loué. Un vrai bureau physique ouvre droit à un quota plus large qu’un flexi-desk, qui donne généralement accès à un nombre plus restreint de visas. La domiciliation choisie conditionne donc directement votre capacité à faire venir associés et salariés.

Une société offshore à Dubaï garantit-elle l’anonymat ?

Non. La société JAFZA Offshore a un registre des actionnaires non public, mais cela ne signifie pas anonymat. Comme toute entité des EAU, elle déclare ses bénéficiaires effectifs (UBO) au registraire selon la Cabinet Decision 58/2020. Ce registre n’est pas consultable par le public, mais il est transmis aux autorités compétentes.

Faut-il encore un associé local émirien pour créer une société à Dubaï ?

Plus dans la majorité des cas. Depuis les réformes de 2020-2021 (Federal Decree-Law 26/2020 puis Commercial Companies Law 32/2021), la détention à 100 % par des étrangers est possible pour la plupart des activités mainland. L’obligation d’un sponsor local détenant 51 % ne subsiste que pour quelques secteurs jugés stratégiques.

Peut-on détenir de l’immobilier à Dubaï via une société offshore ?

Oui, mais uniquement avec la société JAFZA Offshore. C’est le seul offshore des Émirats autorisé à détenir de l’immobilier en freehold à Dubaï. Les autres structures offshore, comme RAK ICC qui relève de l’émirat de Ras Al Khaimah, ne disposent pas de cette possibilité à Dubaï.

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